J’aurais dû fêter mes soixante-cinq ans dans le calme. Quelques bougies, un gâteau acheté en vitesse, une photo avec mon fils et mes petits-enfants. J’avais repassé ma plus belle chemise, apporté une bonne bouteille de vin, et je m’étais répété que, peut-être, ce soir-là, les choses s’adouciraient enfin entre nous.
Le soixante-cinquième anniversaire d’un homme devrait être un cap tranquille, presque solennel — un moment pour se retourner sur ce qu’on a bâti, sur les vies qu’on a traversées. Pour moi, Luther Grant, ingénieur en ponts à la retraite, cette journée devait marquer le début d’une réparation : l’instant où les fissures familiales, enfin, commenceraient … Read more